LONDRES – Pendant des années, le Green Party, le parti vert britannique, a évolué dans les broussailles du champ politique du Royaume-Uni, se concentrant sur les sujets environnementaux avec des résultats électoraux modestes. Mais il a connu une croissance inédite depuis l’arrivée à sa tête de “l’éco-populiste” Zack Polanski, qui souhaite désormais présenter sa formation comme une alternative progressiste et ambitieuse à la gauche du parti travailliste du Premier ministre Keir Starmer. Polanski souhaite ainsi revoir en profondeur le programme des Verts, afin d’éliminer certaines des propositions impopulaires brandies par leurs rivaux comme un signe de manque de sérieux.
Il a déclaré à POLITICO qu’il cherchait à revoir le système démocratique — parfois complexe et chaotique — permettant aux militants de définir l’agenda politique de la formation. Le Green Party n’a cessé de grimper dans les sondages depuis que Zack Polanski en a pris les rênes en septembre, et il a remporté sa toute première élection législative partielle en février, ravissant une circonscription de Manchester au parti travailliste. Le Green Party est désormais à la lutte avec les travaillistes et les conservateurs pour la deuxième place dans les sondages, derrière Reform UK de Nigel Farage, selon le POLITICO Poll of Polls.
Depuis cette poussée sondagière, les propositions historiques des Verts sont examinées de plus près. Les conseillers du parti veulent désormais revoir certaines mesures controversées visant à abolir la monarchie, à interdire les bailleurs privés, et à réduire la limite de vitesse sur les autoroutes à 90 km/h. Ils se méfient également du retour d’une motion “Le sionisme est un racisme”, qui n’a pas été débattue lors d’un congrès du parti en mars en raison de problèmes techniques et d’une série de motions de censure.
Polanski a indiqué à POLITICO qu’il soutenait les efforts du parti pour rendre son processus de décision plus “rationalisé” et moins “byzantin”, tout en soulignant qu’il souhaitait conserver le modèle hautement démocratique du Green Party. Une personne tient une pancarte sur laquelle on peut lire “Votez vert” lors d’une manifestation au Fox and Firkin à Lewisham, en Angleterre, le 11 avril 2026. | Kymberley Apiro/Getty Images “Notre processus d’élaboration des politiques a vu le jour lorsque nous avions environ 20 000 membres. Nous venons de passer les 226 000 membres, donc pour ce qui est de nos congrès, ils ne fonctionnent pas aussi bien qu’ils le devraient à l’heure actuelle, c’est une évidence”, a-t-il déclaré.
Des personnes “élues par les membres” pourraient avoir plus de contrôle sur ce processus, a-t-il suggéré, plutôt que les instances dirigeantes. La joie du Daily Mail Le projet politique actuel des Verts a été élaboré au fil des ans par les membres du parti lors de conférences annuelles, et certaines de ses positions sont héritées d’une époque où le parti comptait beaucoup moins de partisans. La prochaine conférence du parti se tiendra en octobre.
Trois responsables du parti ont dit à POLITICO qu’ils se préparaient à passer au crible leurs archives, pour potentiellement se débarrasser de certaines mesures risquant d’être mal perçues par un électorat plus large. Les Verts ont déjà abandonné une initiative controversée visant à promouvoir ce qu’ils considèraient comme des naissances “normales”, c’est-à-dire à réduire le nombre d’accouchements par césarienne. “Pour l’instant, c’est comme si nous avions une liste de propositions clé-en-main pour permettre au Daily Mail de nous passer des coups de fil”, a déclaré un responsable du parti, en référence à l’influent tabloïd conservateur.
“Grosso modo, c’est paix, bienveillance et fraternité entre tous les hommes. C’est tout à fait louable, mais ce n’est pas un projet politique de gouvernement.” Comme d’autres personnes interrogées dans le cadre de cet article, ce responsable a bénéficié de l’anonymat pour parler des affaires internes du parti. La politique migratoire des Verts, qui pose de sérieux problèmes aux militants lorsqu’ils font du porte-à-porte, est un des domaines qui sera revu en priorité, d’après deux cadres du parti.
La déclaration de principe du parti défend l’idée d’un “monde sans frontières” même si les Verts mettraient en œuvre un “système juste et humain de gestion de l’immigration” avant d’en arriver là. Dans une interview accordée à POLITICO au début du mois d’avril, Zack Polanski a fait allusion à ces frustrations, alors que de nombreux électeurs semblent penser que son parti laisserait les frontières britanniques grandes ouvertes. Le leader des Verts cite en exemple une conversation dans la ville balnéaire de Margate avec un homme qui lui demandait un selfie.
Cet électeur se disait réceptif à de larges pans du programme des Verts, mais n’était pas favorable à leur approche en matière de drogue et d’immigration. Le Premier ministre britannique Keir Starmer s’adresse aux médias à Londres le 16 mars 2026. | Photo de Brook Mitchell via AFP/G
