Il y a ceux qui avancent en solo mais espèrent un ralliement de leurs partenaires, ceux qui ne jurent que par une primaire, ceux qui n’en veulent pas, mais misent tout de même sur une union des gauches non-mélenchonistes… Bref, c’est à n’y plus rien comprendre. Mais n’allez pas vous faire mal aux cheveux, POLITICO a fait le point pour vous. Ceux qui veulent la primaire Ceux-là tiendront un meeting le 5 mai à Paris : le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, la secrétaire nationale des Ecologistes Marine Tondelier, ou encore les anciens Insoumis Clémentine Autain et François Ruffin.

En novembre dernier, ils annonçaient au côté de l’ancienne égérie de la gauche unitaire, Lucie Castets, l’organisation d’une primaire. Celle-ci doit avoir lieu le 11 octobre, mais ses contours sont encore flous (rien n’a été officialisé sur le mode de scrutin ou le corps électoral, par exemple). Cette primaire dite “de Bagneux” (en référence à la ville de leur première conférence de presse) est pour eux la seule solution pour l’emporter en 2027 en garantissant l’union des gauches… en tant pis si tous n’y participent pas (on y vient).

A noter : sur l’éventualité de la participation ou non de La France insoumise à cette primaire, les violons de Marine Tondelier, Olivier Faure et les autres ne sont pas tout à fait accordés. Marine Tondelier, Clémentine Autain et François Ruffin sont tous trois officiellement candidats. Olivier Faure, lui, en rêve, persuadé qu’il est en son pouvoir de l’emporter… mais il ne peut pas le dire clairement : ses troupes socialistes n’ont, pour l’heure, pas validé officiellement cette option d’une primaire.

L’autre hic : sans la participation du PS, la compétition ne se jouerait plus qu’entre (très) petits partis (Les Ecologistes, l’Après de Clémentine Autain, Debout de François Ruffin, Génération.s, qu’avait fondé l’ex-PS Benoît Hamon…), et son vainqueur risquerait d’avoir un poids électoral fort réduit. Cette perspective ne décourage toutefois pas les organisateurs de cette primaire, en tout cas aux dires de Raquel Garrido. Au PS, ceux qui ne veulent pas de la primaire C’est là que ça se complique : tout le monde n’est pas d’accord au PS.

Les deux courants minoritaires, menés par le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, et le président du groupe socialiste à l’Assemblée, Boris Vallaud, ne veulent pas entendre parler d’une primaire sous cette forme. Pas question pour eux, en effet, de s’entendre avec des forces jugées trop à gauche, voire qui plaident toujours pour que l’union aille jusqu’à La France insoumise. Boris Vallaud milite pour que soit prioritairement désigné un candidat PS en interne (avant l’été et toute discussion avec leurs partenaires).

Plus officieusement, pour aller au bout, le député des Landes a son plan, exposé par l’un de ses proches : il pense pouvoir être adoubé par les militants socialistes, puis rejoint par les autres candidats de gauche – à la manière d’Emmanuel Grégoire pendant la campagne municipale parisienne, désigné par les adhérents, puis rallié par ses concurrents Ecologiste et communiste. Le tout, sans passer par une primaire, donc. Pour l’heure, Olivier Faure résiste aux coups de pression internes, comme ce fut le cas pas plus tard que mardi 21 avril en bureau national.

Tout juste s’est-il engagé à consulter les adhérents sur la stratégie “avant juin”. Mais sans préciser le calendrier ni la question posée : les vallaudistes s’inquiètent donc qu’il ne s’agisse que d’un vote pour ou contre la primaire (alors qu’ils veulent un scrutin de désignation du candidat PS, si vous suivez). Ou encore : qu’il n’advienne jamais, ou trop tard à leurs yeux.

Boris Vallaud mène donc aussi la bataille à l’extérieur du parti. Il s’est acoquiné avec Raphaël Glucksmann, de Place publique, et Yannick Jadot, le sénateur Ecologiste et ex-candidat à la présidentielle, qui ne croit pas non plus à une primaire. Dans leur tribune publiée le 18 avril, les trois hommes et une quarantaine d’élus signataires (Ecologistes, socialistes, communistes…) évitent soigneusement le sujet du mode de désignation d’une “candidature de large rassemblement”.

Mais leur volonté de “construire un projet à vocation majoritaire” se veut une alternative. Boris Vallaud a donné quelques détails, jeudi 23 avril, sur France Inter, sur ce qu’il a en tête : un accord sur le fond entre ces représentants de la “gauche plurielle”, parmi lesquels serait ensuite désigné un champion. Cas particulier au sein du PS, François Hollande ne croit pas non plus à une primaire, qui ne peut se tenir qu’à l’intérieur d’un même parti, estime-t-il.

Mais l’ancien président ne veut pas que son parti choisisse son champion avant l’été, préférant l’automne. De quoi lui laisser le temps de “se préparer”. Hors du PS, ceux qui ne veulent pas de la primaire Au-delà des socialistes, d’autres présidentiables ne se montrent pas plus convaincus par la primaire. Si Raphaël Glucksmann refuse que “la gauche parle à la gauche en permanence